Porc Columbus, le choix de la qualité

Article tiré du Le Soir du 22/12/2015

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A l’écouter parler, le choix posé paraît évident. Et pourtant, il constitue un tournant professionnel qui n’était pas dénué de risques.

Voici quelques années, Marcel Biron, grossiste châtelettain installé à l’abattoir de Charleroi, a choisi de miser tout sur la commercialisation du porc Columbus. L’avantage de cette viande, c’est sa qualité, mais aussi la composition de sa graisse. A l’instar de l’œuf du même nom, cet aliment est idéal pour les personnes devant surveiller leur cholestérol.

« Chez un porc issu d’un élevage industriel, le rapport entre oméga 6 et oméga 3 est de 20 pour 1 ; chez le porc Columbus, il est de 1 pour 1 », explique Marcel Biron. Cette différenciation s’obtient grâce à l’alimentation à base d’un mélange de céréales et d’huile de lin donnée à l’animal durant les douze dernières semaines de sa croissance.

Ce saut qualitatif s’imposait pour la PME carolo. Avec un effectif de huit personnes et un abattage moyen de 150 porcs par semaine, elle ne pouvait plus s’aligner sur les coûts des éleveurs flamands, lesquels tournent à une moyenne hebdomadaire de 15 à 20.000 bêtes abattues. Il devenait impossible de répondre à la demande de la grande distribution. « Nous travaillons essentiellement avec une exploitation en circuit fermé située à Ormeignies », précise-t-il. Dans cet élevage aux méthodes traditionnelles, les animaux reçoivent cette alimentation à base de céréales qui va leur conférer cette caractéristique particulière. Celle-ci représente
un surcoût de production : 30 euros par tête. Une charge que le grossiste compense en payant plus cher l’animal.

« Là où un porc standard vivant coûte 0,85 euro/kg plus 0,15 euro, nous payons 0,85 euro plus 0,51 euro, assure Marcel Biron. L’éleveur reçoit donc 0,36 euro de plus par kilo, soit 43 euros de plus par porc. »

Un geste qui va bien au-delà des sommes annoncées par la grande distribution en guise de soutien à la filière porcine. Et sur lequel Marcel Biron ne transige pas. Il est d’ailleurs parvenu à convaincre les grandes enseignes de lui acheter son porc Columbus. Et pour la charcuterie, il s’est tourné vers des artisans wallons spécialisés.

Aujourd’hui, sa PME affiche un chiffre d’affaires de 60.000 euros par semaine. Et l’entrepreneur en a la conviction : la qualité reste la meilleure arme des petites exploitations wallonnes (3,5 \% de la filière) face aux élevages industriels (96,5 \%) du nord du pays. Il fallait y penser.